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Biocontrôle : les solutions homologuées pour protéger vos cultures autrement

Biocontrôle : les solutions homologuées pour protéger vos cultures autrement

Publié le 28 août 2026

Face à la pression réglementaire sur les produits phytosanitaires conventionnels et aux ravageurs spécifiques du climat tropical, le biocontrôle gagne du terrain à La Réunion. Tour d'horizon des solutions concrètes et de la recherche menée localement.

Qu'est-ce que le biocontrôle ?
Le biocontrôle regroupe quatre familles de solutions : les macro-organismes (insectes auxiliaires), les micro-organismes (champignons, bactéries, virus), les médiateurs chimiques (phéromones) et les substances naturelles (huiles essentielles, extraits de plantes). Contrairement aux produits chimiques de synthèse, ces solutions ciblent le ravageur sans impacter l'ensemble de l'écosystème.

Des solutions concrètes, déjà utilisables

  • Bacillus thuringiensis (Bt) : bactérie pulvérisée sur le feuillage, ingérée par les chenilles (noctuelles, teignes) qui s'attaquent aux choux, tomates ou salades — elle est inoffensive pour les auxiliaires et les pollinisateurs.
  • Beauveria bassiana : champignon entomopathogène qui infecte et tue par contact un large spectre d'insectes piqueurs-suceurs (aleurodes, pucerons, charançons), utilisable en pulvérisation.
  • Trichogrammes : micro-guêpes parasitoïdes qui pondent dans les œufs de chenilles avant leur éclosion. Testées à La Réunion contre le foreur de la canne à sucre, elles se sont bien implantées mais avec une efficacité encore limitée sur le terrain — un exemple qui montre l'importance d'ajuster chaque solution au contexte local.
  • Confusion sexuelle par phéromones : diffuseurs qui saturent l'air de phéromones femelles pour empêcher les mâles de localiser leurs partenaires, réduisant la reproduction de certains lépidoptères ravageurs sans aucune pulvérisation.
  • Nématodes entomopathogènes : vers microscopiques épandus au sol, efficaces contre les larves qui s'attaquent aux racines (vers blancs, larves de charançons).

Le cas GAMOUR : une méthode 100 % péï contre la mouche des légumes
Le projet GAMOUR (Gestion Agroécologique des MOUches des légumes à La Réunion), piloté par le CIRAD entre 2009 et 2011 sur des exploitations de Salazie, de l'Entre-Deux et de Petite-Île, a mis au point le protocole SP5 : surveillance des populations, prophylaxie (ramassage des fruits piqués), plantes-pièges installées en bordure de parcelle (maïs, ricin, canne fourragère, manioc, bringelle marron), piégeage de masse et favorisation des prédateurs naturels. Résultat : la suppression totale des traitements insecticides sur les cucurbitacées en plein champ (chouchou, courgette, concombre) tout en maîtrisant la mouche des légumes. Une méthode reproductible par n'importe quel producteur, sans matériel coûteux.

Le flétrissement bactérien sous surveillance
Sur tomates et autres solanacées, le flétrissement bactérien (Ralstonia solanacearum) reste un problème majeur. Le projet de recherche EPIPHAGES-OI (2024-2026) explore l'usage de bactériophages — des virus qui infectent spécifiquement cette bactérie — comme piste de biocontrôle à La Réunion et à Mayotte.

Une agriculture bio-diversifiée qui fait ses preuves
Sur la station expérimentale CIRAD de Rivière Lézarde (Martinique), un système de culture bio-diversifié du bananier (BANABIO), combinant biocontrôle et diversification des cultures, a permis de réduire l'indice de fréquence de traitement (IFT) de 18 % entre 2019 et 2023.

Où suivre les alertes en temps réel
Le Bulletin de Santé du Végétal Réunion publie des points réguliers par filière (maraîchage, arboriculture, canne), avec des recommandations de biocontrôle adaptées aux ravageurs observés sur l'île au moment présent.

Sources scientifiques